Exemple de texte à faire signer aux parents d'élèves
Exemple de texte à faire signer aux parents d'élèves
A XXX, le XXX
Objet : Alerte concernant l'impréparation face aux vagues de chaleur et demande d'un plan d'action d'urgence et de long terme pour les écoles de XXX
Monsieur le Maire / Madame la Maire XXX, Monsieur le Député / Madame la Députée XXX, Monsieur le Recteur de l'Académie / Madame la Rectrice de l'Académie de XXX,
En tant que représentants des parents d’élèves et nombreux autres parents d’élèves de l’école XXX, nous vous adressons ce courrier pour exprimer notre vive inquiétude et notre désarroi face au manque flagrant d’anticipation de la municipalité face à la vague de chaleur de ces précédents jours.
La semaine dernière, le thermomètre a dépassé les 30 degrés dans les classes de l’école du XXX. Pas un ventilateur dans les classes, jusqu'à ce qu'un parent en prête un, ou les maîtresses en apportent elles-mêmes. Ne parlons même pas de climatisation, encore moins de stores aux fenêtres ou voiles d’ombrage dans la cour. Des couvertures de survie ont été installées sur les fenêtres par le personnel (payées par le budget coopératif de l'école). Nous avons constaté l’épuisement physique des enseignantes et atsem face à des conditions de travail devenues intenables, et ce avant même les mois d’été.
Les conséquences sur la santé de nos enfants, public particulièrement vulnérable, sont déjà visibles : épuisement, irritabilité sévère, et jusqu'à des vomissements importants vendredi soir pour un enfant de 3 ans, qui était pourtant en plein forme, probablement suite à un coup de chaleur (et il ne doit pas être le seul).
Nous ne blâmons pas le personnel de l’établissement, qui se bat tous les jours avec des moyens qui baissent pour le bien-être des enfants. Mais nous sommes en colère. Pourquoi un tel manque d’anticipation collective, malgré des alertes partagées par les représentants des parents d’élèves en XXX et lors du premier conseil d’école de l’année scolaire XXX, avec des demandes d’achat de matériel du type ventilateur ?
Et demain ? La semaine dernière, il a fait 33 degrés dehors. Mais à cause du changement climatique, pour une ville aussi urbaine et dense que Montrouge, qui subit l’effet “cocotte minute” de l'îlot de chaleur urbain, nous savons parfaitement qu’il fera beaucoup plus chaud à l’avenir. 40, 45, voire 50 degrés à partir de 2050. Ce n’est pas une dystopie : ce sont les prévisions des modèles climatiques actuels (écoutez Jamy en parler).
L'inaction face à ces températures ne pose pas seulement un problème de confort, elle met en péril le développement et la santé des enfants. Selon l’Organisation mondiale de la santé, des risques d’atteintes à la santé sont réels lorsque les températures dans les locaux sont supérieures à 30 degrés. Les publications scientifiques récentes, notamment une méta-analyse de 2025 basée sur les données de 14 millions d'élèves à travers 61 pays, apportent des preuves indiscutables des enjeux pour la santé :
Altération des fonctions cognitives : Les fortes chaleurs réduisent drastiquement les capacités de mémorisation, les performances intellectuelles globales et les aptitudes verbales des jeunes enfants.
Sensibilité accrue des jeunes enfants : Les données physiologiques indiquent que les enfants en bas âge ont besoin de températures plus fraîches que les adultes pour maintenir leurs fonctions thermorégulatrices et leurs capacités de concentration maximales.
Troubles physiques immédiats : L'exposition prolongée à plus de 30°C en milieu clos expose les enfants à une déshydratation rapide, des maux de tête, une asthénie sévère et des risques de coups de chaleur (hyperthermie), nécessitant parfois une prise en charge médicale d'urgence.
Face à l'urgence climatique, il est impensable de continuer à gérer ces événements au jour le jour et de continuer à agir ponctuellement, avec des solutions telles que la fourniture de ventilateurs. Ou même avec la climatisation généralisée, qui constitue une maladaptation par excellence, puisqu’elle réchauffe l’air extérieur, et peut rapidement tomber en panne si les températures sont très élevées.
Sans aucun doute, des actions ont été menées à XXX ces dernières années : rénovation de certaines écoles, végétalisation... Des systèmes de brumisateurs ont également été installés, comme au parc XXX ou dans certaines cours d’école. Mais est-ce suffisant ?
Il est grand temps de nous préparer. Il est grand temps de réfléchir à des plans sérieux, préparés en amont des mois chauds (c’est-à-dire avant le mois de mai), et qui protègent en premier les personnes les plus vulnérables (nos enfants, nos aînés, les femmes enceintes, les personnes en situation de handicap, les personnes isolées).
C'est pourquoi nous demandons le déploiement immédiat de mesures d'urgence, couplées à un plan structurel de long terme.
Mesures déjà en place pour l’école XXX
Cette section est à adapter avec les mesures déjà prêtes dans votre école
Des ventilateurs (1 par classe) ont été reçus lundi XXX
Un rafraichisseur a été installé pour le hall
Des brumisateurs et jets d’eau ont été mis à disposition pour la cour d’école
Des couvertures de survie ont été installées par certaines maîtresses (au frais du budget coopératif de l’école, alimenté par les donations des parents).
Des petits climatiseurs sont présents pour certaines salles chaudes.
Ces mesures ne sont pas suffisantes pour faire face aux vagues de chaleur à venir, qui seront plus intenses et plus longues.
Nous demandons la mise en place des actions suivantes.
Mesures d’urgence, à activer dans le mois de XXX
Mise en place de films solaires anti-chaleur sur les vitres des classes / couverture de survie
Mise en place de consigne d’aération précise pour la ventilation nocturne (y compris en amont des jours chauds, pour "stocker du froid")
Pose de capteurs de température en classe (moins de 50 € l'unité) pour documenter et objectiver les pics de chaleur
Création d’un Protocole Canicule standardisé, pour éviter de réagir dans l’urgence : Création d'un plan d'urgence communal automatique dès l'alerte météo, avec stocks de matériel disponibles dès avril et protocole de communication associée à destination des parents. On peut s'inspirer du travail de "Demain 50°C : kit d'action canicule à destination des écoles". (Lien)
Mesures de moyen-terme, à activer avant décembre 2026
Les recherches les plus récentes montrent que des mesures économiques et simples sont très efficaces pour la gestion des canicules, sans devoir passer par une rénovation de tout le bâti (qui reste souhaitable à long-terme).
Faire en sorte que le soleil ne rentre pas dans le bâtiment
Pourquoi ? Pour une fenêtre orientée Sud ou même Est-Ouest, s’il n’y a pas de protection solaire, la quantité d’énergie qui rentre dans le bâtiment pendant la journée équivaut à allumer un radiateur. Pour une salle de classe avec 4 ou 5 vitrages qui ne sont pas protégés par des volets extérieurs, c’est comme si 5 radiateurs étaient allumés dans la salle.
Concrètement ?Pose de volets (bois, aluminium ou PVC).
Ça coûte combien ?Pour un projet standard (ex. : 3 stores bannes motorisés de 4 m de large), prévoyez un budget entre 4 500 € et 10 000 € pose comprise, selon les options et la qualité des matériaux.
Ventiler l’école la nuit
Pourquoi ? La température nocturne extérieure est largement inférieure à la température des salles de classe. Ouvrir les fenêtres le matin n’est pas suffisant. C’est une des actions les plus efficaces pour baisser la température en journée.
Concrètement ?Si nécessaire, Identifier des agents municipaux qui peuvent aider sur l’organisation de l’aération en soirée.
Installer des brasseurs d’air aux plafonds
Pourquoi ? Ils sont bien plus efficaces que des ventilateurs sur pied et génèrent des économies importantes : un brasseur d’air permet de ressentir 3 à 5°C de moins sans climatisation, réduisant la consommation énergétique jusqu’à 40 % en été. En mode inverse, il redistribue l’air chaud accumulé au plafond, réduisant les coûts de chauffage de 10 à 30 %.
Ça coûte combien ? Coût moyen de 350 à 700 euros par salle (matériel + installation)
Faire de l’ombre partout où c'est possible
Pourquoi ? Sur le bitume chauffé des cours d’école, les enfants sont très vulnérables. Plus petits, et donc plus proches du sol, la température de l’air au niveau de leur tête est 10 à 15 degrés supérieure à celle ressentie par un adulte.
Concrètement ? Pose de voile d’ombrage dans la cour (Voici un guide détaillé sur le sujet de la part de l’Agence parisienne du climat).
Ça coûte combien ? Estimation pour des voiles d’ombrage dans la cour : les réalisations professionnelles pour des cours d’école ou aires de jeux se situent généralement entre 100 € et 400 €/m² (fourniture + pose), selon la qualité du tissu (ex. : Soltis 92, HPDE) et la complexité de l’installation (poteaux, fixations murales, etc.). Exemples concrets :
Une voile triangulaire 3x3x3 m : à partir de 100 € (fourniture seule), mais pour une école, il faut prévoir un tissu haut de gamme et une pose professionnelle, ce qui porte le coût à 300 €–800 € par voile selon la taille et les options.
Pour une cour d’école de 100 m² à couvrir, avec plusieurs voiles sur mesure et pose professionnelle, le budget peut varier entre 5 000 € et 20 000 € (selon le nombre de voiles, la hauteur, les fixations, et les options comme la motorisation ou la rétractabilité).
Formation des équipes enseignantes et ATSEM aux protocoles canicule (reconnaissance des signes de coup de chaleur, hydratation, surveillance renforcée des plus jeunes)
Mesures de long-terme :
Rénovation thermique du bâti : la fourchette est comprise entre 600 et 900 euros par m2, pour un gain énergétique compris entre 40 et 60%.
prix moyen d'environ 300 000 € par cour, soit 300 € du m².
À Bonneuil-sur-Marne, les travaux ont coûté 900 000 € pour une école, financés conjointement par la Ville, la Métropole du Grand Paris et l'État.
Délai : 2 à 3 ans entre conception participative et réalisation.
Ces demandes nécessitent des arbitrages financiers clairs et à la hauteur des enjeux de santé et de sécurité sanitaire de nos enfants et des équipes intervenants dans les écoles. Le programme ACTEE+ prend en charge jusqu'à fin 2026 le financement des études thermiques du bâti scolaire.
Protégeons nos enfants : n’attendons pas un accident grave !
Dans l'attente d'une réponse rapide de votre part et d’un rendez-vous avec les représentants des parents d’élèves, nous vous prions d'agréer, Monsieur le Maire, Monsieur le Député, Monsieur le Recteur, l'expression de notre considération distinguée.
Les Représentants des parents d’élèves
PS 1 : une action utile que vous pouvez faire dès maintenant, en tant que décideurs et responsables : formez-vous ! Un exemple de contenu pour mieux comprendre : Webinaire – Canicules à l'école : Anticiper avant l'été – Rediffusion du 6 mai 2026, animé par Amaury Fievez, chercheur et doctorant spécialisé dans l’adaptation des bâtiments scolaires et publics aux vagues de chaleur, qui mène actuellement une thèse à l’Institut Henri Fayol (Mines Saint-Étienne) et est membre du laboratoire EVS (Environnement Ville Société).
PS 2 : L’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) estime à 80 % la probabilité qu’un épisode El Niño se développe entre juin et août 2026, avec jusqu’à 90 % de chances qu’il persiste jusqu’à la fin de l’année (source Météofrance). El Niño, en se superposant au réchauffement climatique, pourrait faire de 2026 ou 2027 l’année la plus chaude jamais enregistrée, dépassant le record de 2024. En Europe et en France, El Niño favoriserait un été plus chaud et plus sec que la normale. Préparons-nous !